Le pape dénonce la « dette écologique » du Nord envers le Sud

Photo d'illustrations © Annett_Klingner-de-Pixabay

1730
⏱ Lecture 2 mn.

Le pape François dénonce la « dette écologique » qu’ont contractée envers les pays du Sud certains pays et entreprises du Nord, qui « se sont enrichis en exploitant leurs ressources naturelles », dans une vidéo diffusée lundi.

« Nous sommes en train d’exploiter les ressources de la planète commes’il s’agissait d’une orange, s’inquiète François dans une courte allocution vidéo relayée par le Réseau mondial de prière du pape. Prions pour que les ressources de la planète ne soient pas pillées, demande le pape François. Selon lui, cette dette ne cesse de s’accroître quand des multinationales font en dehors de leurs pays ce qu’on ne leur permet pas de faire chez elles. Une telle situation est révoltante, estime-t-il. Aujourd’hui, pas demain, aujourd’hui, nous devons prendre soin de la Création de manière responsable, a-t-il exhorté. Prions pour que les ressources de la planète ne soient pas pillées mais soient partagées de manière équitable et respectueuse ».[ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1 » ]

Cette vidéo du pontife intervient à la veille de la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création, un rendez-vous de prière à caractère œcuménique institué dans l’Église catholique par le pape François en 2015. 821 millions d’êtres humains « se couchent le ventre vide chaque soir », souligne par ailleurs le Réseau mondial de prière du pape dans un communiqué joint à la vidéo. Ce constat ne s’explique pas par un manque de denrées alimentaires mais est le résultat de « l’injustice profonde qui entoure la production des aliments et leur disponibilité. Et la mainmise des entreprises sur la production alimentaire »en est l’une des causes. Parallèlement, 1% de la population mondiale possède plus de deux fois la richesse des 99% restant, relève le Réseau mondial de prière du pape dans une infographie. La moitié de l’humanité vit ainsi avec 5,5 dollars américains par jour. Par ailleurs, quelque 2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable.

Dans la même veine, le pape François a dénoncé mercredi « le virus d’une économie malade,dominée par les inégalités sociales et des hommes calculateurs, consacrant sa traditionnelle audience, tout comme la semaine dernière, à la pandémie du coronavirus. La pandémie a souligné et aggravé les problèmes sociaux, en particulier l’inégalité »,a regretté le souverain pontife, en énumérant des exemples, comme la possibilité pour certains de faire du télétravail ou de recevoir une éducation scolaire, choses impossibles pour d’autres. « Certains pays puissants peuvent émettre de la monnaie pour affronter l’urgence, tandis que pour d’autres, cela signifierait hypothéquer leur avenir, a souligné François, en ayant une pensée spéciale pour les enfants qui meurent de faim et n’ont pas le droit à l’école.Ces symptômes d’inégalité révèlent une maladie sociale: c’est un virus qui vient d’une économie malade. C’est le fruit d’une croissance économique inique, qui ne tient pas compte des valeurs humaines fondamentales, a-t-il déploré. Dans le monde d’aujourd’hui, quelques personnes très riches possèdent plus que tout le reste de l’humanité. C’est une injustice qui crie au ciel !, a ajouté le pape argentin. Pour lui, « l’homo sapiens se déforme et devient une espèce d’homo oeconomicus – dans le mauvais sens du terme – individualiste, calculateur et dominateur ». Très sensible à un développement économique respectueux de l’environnement et des hommes, thème décliné dans son encyclique Laudato si, le pape a lancé un nouveau cri d’alarme face aux dommages en cours. « Nous allons bientôt dépasser un grand nombre des limites de notre merveilleuse planète, avec des conséquences graves et irréversibles: de la perte de biodiversité et du changement climatique à l’élévation du niveau des mers et à la destruction des forêts tropicales,a-t-il rappelé, en fustigeant le péché de vouloir posséder et dominer ses frères et sœurs, la nature et Dieu même ». [/ihc-hide-content]