Ecologistes jugés en Iran : abandon d’un chef d’accusation passible de la mort (2 mn 30)

Photo Peggy und Marco Lachmann-Anke de Pixabay

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L’Autorité judiciaire iranienne a abandonné un chef d’accusation passible de la peine de mort contre quatre militants écologistes jugés à Téhéran, a rapporté dimanche l’agence de presse officielle Irna.

« Le chef d’accusation de +corruption sur Terre+ a été abandonné ces jours-ci contre quatre écologistes en détention », écrit Irna en citant Mohammad Hossein Aghassi, avocat de certains accusés dans ce procès pour lequel comparaissent 8 défenseurs de l’environnement depuis le début de l’année. « Bien sûr, les autres chefs d’accusation demeurent », a ajouté l’avocat. L’accusation de « corruption sur Terre », un des chefs d’accusation les plus graves en Iran, avait été retenue en octobre 2018 contre quatre des huit accusés. L’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) avait alors déclaré être « profondément inquiète par les charges retenues contre ces femmes et ces hommes dévoués à la protection des richesses naturelles et des espèces uniques de l’Iran ». [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Les huit accusés ont été arrêtés début 2018. Selon l’IUCN, il s’agit de Niloufar Bayani, Taher Ghadirian, Houman Jowkar, Sepideh Kachani, Amir Hossein Khaléqi, Abdolréza Koupayeh, Sam Rajabi et Morad Tahbaz. Ils sont poursuivis, selon les cas, pour espionnage ou atteinte à la sûreté nationale. Tous sont liés à la Fondation pour la faune persane, une organisation de défense de l’environnement affiliée à l’UICN. Arrêté en janvier, le fondateur de cette ONG, Kavous Seyed Emami, universitaire irano-canadien, est mort en prison en février 2018 à l’âge de 63 ans. Selon la version officielle, contestée par sa famille, il s’est suicidé par pendaison. Sa veuve, Maryam Mombeini, est rentrée au Canada après avoir été retenue en Iran pendant 18 mois, ont annoncé vendredi sa famille et les autorités d’Ottawa.

Le 30 janvier 2019, les huit membres de la Fondation pour la protection de la faune perse (Persian Wildlife Heritage Foundation) ont comparu devant la 15e chambre du Tribunal révolutionnaire de Téhéran pour le début de leur procès. Le juge Abdolghassem Salavati n’a pas autorisé leurs avocats – sélectionnés parmi une liste restreinte d’avocats préalablement approuvée par les autorités judiciaires iraniennes – à examiner les actes d’accusation avant le début de la séance. Peu après le début du procès, l’une des accusées a interrompu la séance en alléguant qu’elle avait été torturée et contrainte de faire de faux aveux, selon une source interrogée par Human Rights Watch. « Les graves violations des procédures régulières commises à l’encontre de ces activistes au cours de l’année écoulée, ainsi que les récentes allégations de torture et d’aveux forcés, renforcent l’image du pouvoir judiciaire iranien en tant qu’outil de répression et symbole d’injustice », a déclaré Michael Page, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à l’ONG Human Rights Watch. « Les plus hautes autorités iraniennes devraient immédiatement enquêter sur les allégations de torture, ordonner la libération des huit activistes et mettre un terme aux graves abus à leur encontre. »

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