Biodiversité – droits de l’homme : même combat !

Photo © PNUE GRID Arenda Peter Prokosch

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« La perte de biodiversité compromet la jouissance d’un large éventail de droits de l’homme, y compris les droits à la vie, à la santé, à l’alimentation et à l’eau », écrit le rapporteur spécial de l’ONU dans un rapport.

Le Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme et l’environnement, John H. Knox, a demandé mercredi aux gouvernements du monde entier de s’acquitter de leurs obligations en matière de droits de l’homme pour protéger la biodiversité à travers le monde.

« La perte rapide de diversité biologique dans le monde devrait susciter l’inquiétude, a déclaré M. Knox. La sixième extinction mondiale d’espèces dans l’histoire de la planète est en cours et les États ne parviennent toujours pas à stopper les principaux facteurs de perte de biodiversité, y compris la destruction de l’habitat, le braconnage et le changement climatique ».

Selon lui, on oublie souvent que « la perte de biodiversité compromet la jouissance d’un large éventail de droits de l’homme, y compris les droits à la vie, à la santé, à l’alimentation et à l’eau ».

Knox a publié le premier rapport de l’ONU portant sur la relation entre les droits de l’homme et la biodiversité. Il y décrit l’importance des écosystèmes et de la biodiversité pour l’exercice des droits de l’homme.

Parmi ses nombreux effets négatifs, la perte de biodiversité diminue la productivité et la stabilité de l’agriculture et de la pêche, sapant le droit à l’alimentation. Elle détruit des sources potentielles de médicaments, augmente l’exposition à certaines maladies infectieuses et limite le développement du système immunitaire humain, sapant les droits à la vie et à la santé. Elle supprime également les filtres naturels du cycle de l’eau, fragilisant le droit à l’eau.

« Alors que la perte de biodiversité affecte tout le monde, les plus démunis sont ceux qui dépendent le plus de la nature pour leur vie matérielle et culturelle », a précisé M. Knox.

Selon lui, la protection des droits des peuples autochtones et d’autres personnes directement dépendantes des écosystèmes naturels n’est pas seulement exigée par les droits de l’homme, elle est souvent la meilleure façon de protéger la biodiversité.

« Ceux qui risquent leur vie pour protéger la biodiversité ne sont pas seulement des écologistes – ils sont aussi des défenseurs des droits humains. Les gouvernements doivent faire plus pour les protéger et honorer leur travail », a lancé le Rapporteur spécial.