Les rivières sont presque toutes endommagées par l’Homme

Photo d'illustration ©Saslonch de Pixabay

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Une récente étude publiée dans la revue Science montre que la majorité des rivières ont été endommagées par l’Homme. Seulement 14 % de la superficie des bassins fluviaux du monde ont évité les dommages causés par l’activité humaine.

Les rivières et lacs sont des écosystèmes vitaux. Avec leurs 17 000 espèces de poissons, ils fournissent de la nourriture et de l’eau douce à plusieurs millions de personnes sur Terre. Ces écosystèmes sont cependant fragilisés par les activités humaines qui fragmentent les cours d’eau et favorisent l’arrivée d’espèces envahissantes. Une étude, publiée dans la revue Science montre que la biodiversité de plus de la moitié des rivières a été profondément endommagée. La fragmentation et l’arrivée massive d’espèces non-indigènes ont conduit à l’homogénéisation des bassins fluviaux. Beaucoup d’entre eux contiennent des espèces similaires et moins de lignées spécialisées. Les recherches dirigées par Sébastien Brosse de l’Université Paul Sabatier à Toulouse ont examiné plus de 2 500 rivières dans le monde entier, mis à part celles des régions polaires et des déserts. Les chercheurs ont inclus dans leur analyse le degré de parenté entre les différentes espèces ainsi que le rôle écologique de chacune d’entre elles. Enfin, ils ont pris en compte les changements de la biodiversité au cours de 200 dernières années.

Les scientifiques ont constaté que la biodiversité de plus de la moitié des rivières a été profondément affectée par les activités anthropiques. Les gros poissons comme l’esturgeon ont été remplacés par des espèces envahissantes comme le poisson-chat et la carpe argentée. Les régions les plus touchées sont l’Europe occidentale et l’Amérique du nord. Les auteurs de l’étude soulèvent le cas de la Tamise au Royaume-Uni et du Mississippi aux États-Unis : ces rivières ont une grande variété de poissons, ce qui fait que l’impact de l’homme y est plus important.

Les chercheurs ont également identifié le cas de l’Amérique du Sud, qui possède la plus grande biodiversité fluviale. Ils ont constaté que seulement 6 % des rivières les plus préservées se trouvaient dans cette partie du monde. D’après les recherches, la Carpe Commune, l’Achigan à grande bouche et le Tilapia sont les poissons exotiques les plus répandus dans les bassins fluviaux du monde. Ces espèces se sont adaptées aux eaux calmes et ont prospéré grâce à l’augmentation du nombre de barrages. Les résultats publiés dans la revue Science notent que les causes de cette homogénéisation des espèces dans les rivières sont principalement liées à l’activité humaine : barrages, pollution, surpêche, irrigation des fermes et hausses des températures.

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