Greenpeace… Total… La guerre des pubs fait rage (2 mn 30)

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Une publicité de Greenpeace refusée dans le métro parisien parce que trop « engagée ».  Simultanément, Greenpeace et France Nature Environnement (FNE) déposent plainte contre une pub jugée mensongère de Total.

« Approvisionnement en matières premières 100 % durable », « réduction des émissions de carbone », « lutte contre le changement climatique »…À lire le site internet de Total, son usine de La Mède, fabriquant des agrocarburants, serait un parfait modèle d’industrie verte. Pourtant, selon Greenpeace et FNE, la réalité serait bien différente. Après avoir dénoncé à plusieurs reprises l’imposture écologique de La Mède, les deux ONG viennent de saisir le Jury de Déontologie Publicitaire pour mettre fin à l’opération de greenwashing à laquelle, selon elles, se livre Total sur son site internet. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Le site industriel de Total à La Mède fabrique des agrocarburants principalement à partir d’huile de palme et est autorisé à importer 650 000 tonnes d’huiles par an. Cela entraîne un bond non négligeable de la consommation d’huile de palme en France, ce qui est problématique quand on sait que la production d’huile de palme est l’une des principales causes de déforestation en Asie du Sud-Est. La monoculture du palmier à huile contribue à la perte de la biodiversité, à la destruction de milieux naturels remarquables et à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre par la déforestation induite. Face à ces données, Total affirme que « 100 % des huiles sont certifiées durables selon les critères exigés par l’Union Européenne ». Pour s’en assurer, Greenpeace France a enquêté sur la chaîne d’approvisionnement en huile de palme de Total. Le constat est sans appel : la traçabilité de certains approvisionnements est impossible en raison du système de certification choisi (« mass balance »), qui mélange les huiles dites « durables » et « non durables ».

Pour Jérôme Graefe, juriste de France Nature Environnement,« rien ne permet à Total d’affirmer que l’approvisionnement de La Mède est 100 % durable, ni même que les agrocarburants à base d’huile de palme participent activement à la lutte contre le changement climatique. Au contraire, comme le démontre l’état des connaissances et des conditions mondiales de production d’huile de palme, la culture du palmier à huile aggrave les émissions de gaz à effet de serre. Si Total souhaite lutter contre le changement climatique, la multinationale doit réfléchir à un projet de reconversion réellement écologique. »

Pour Laura Monnier, chargée de campagne de Greenpeace France,« Total a beau tenter de verdir son image, affirmer aujourd’hui que les agrocarburants permettent de lutter efficacement contre le changement climatique est non seulement archaïque au regard du contexte législatif et scientifique, mais surtout mensonger compte tenu des règles publicitaires sur développement durable. »

Dans le même temps, la société Médiatransport, qui gère l’affichage dans le métro et le RER parisiens, a refusé d’apposer une campagne de Greenpeace qui incite le gouvernement à passer des mots aux actes en matière de climat et de biodiversité, jugeant cette campagne « trop engagée ». Certains cinémas, de leur côté, ont eux aussi refusé de diffuser la vidéo de la campagne, qui est cependant visible à Bordeaux, Lille, Lyon, Montpellier et Toulouse, depuis le 2 mars.

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