« Toto le sanglier va pouvoir vivre »: la cour d’appel de Douai a finalement confirmé vendredi une décision judiciaire de première instance qui s’opposait à l’euthanasie de l’animal, selon une décision dont l’AFP a obtenu copie.
Ce sanglier avait bénéficié d’un premier jugement favorable du tribunal judiciaire d’Arras le 12 juin, mais le parquet avait fait appel.
Le 12 juillet, la cour d’appel de Douai avait infirmé cette décision et ordonné l’euthanasie de l’animal.
La ville de Charleville-Mézières a alors formé auprès de la cour un « recours en tierce personne ». Elle avait été rejointe par l’association de protection animale Stéphane Lamart.
La ville et son maire Boris Ravignon se proposaient d’accueillir le sanglier dans le parc municipal des Ardennes.
Mardi, le président de la communauté urbaine d’Arras (CUA) Frédéric Leturque avait « demandé solennellement à la présidente de la cour d’appel de Douai d’empêcher la mort » du sanglier.
Dans son arrêt rendu vendredi, « conformément à ce qu’ont fait valoir la mairie de Charleville-Mézières et l’association Stéphane Lamart », la cour d’appel a estimé que « le procureur de la République n’avait pas qualité pour exercer un recours contre l’ordonnance rendue le 12 juin » par le président du tribunal judiciaire d’Arras.
Ainsi, elle a déclaré l’appel du ministère public « irrecevable » et les dispositions ordonnant « l’euthanasie du sanglier » ont été « rétractées ».
« Toto va pouvoir vivre. La justice est du côté des animaux et de ceux qui les protègent », s’est réjoui auprès de l’AFP Me Christophe Gérard, avocat de l’association Stéphane Lamart.
« Cela prouve que les associations de protection animale ont une réelle utilité pour défendre la vie et les droits des animaux devant les tribunaux », a réagi Stéphane Lamart, président de l’association du même nom.
Érigé en symbole par les associations pour la défense animale, ce sanglier avait été recueilli marcassin en octobre par une famille du Pas-de-Calais lors d’une battue de chasse dans l’Aisne, au cours de laquelle il avait été blessé.
Or, la détention d’un animal sauvage prélevé dans la nature est interdite en France.
Saisi par la gendarmerie, le sanglier se trouve depuis novembre à la fourrière pour animaux d’Arras.
La justice reprochait au sanglier de représenter « un danger sanitaire » et s’appuyait sur l’article 99-1 du code de procédure pénale, qui prévoit des mesures contre les chiens dangereux.
L’animal était aussi suspecté d’être porteur de la maladie d’Aujesky, ou rage porcine.
Joint par l’AFP, Arnaud Bienvenu, le chasseur dont la famille avait recueilli Toto, s’est dit « très content », « les enfants sont ravis ».
Maintenant « il y a urgence, cet animal il faut le bouger, j’espère qu’on pourra le faire d’ici 8-10 jours » car « il fait chaud, c’est bientôt le moment du rut, chaque jour qui passe est un risque » qu’il s’échappe, a ajouté M. Bienvenu.
D’après lui, le sanglier pourrait rejoindre ces prochains jours une propriété de l’association Stéphane Lamart ou bien la ville de Charleville-Mézières.
Des pétitions pour dire « non à la décision d’euthanasier Toto » totalisaient jeudi plus de 132.000 signatures, selon les associations.


