UE : échec de la PAC à enrayer le déclin de la biodiversité (2 mn 30)

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Les mesures de  » verdissement  » de la PAC n’ont pas permis d’enrayer le déclin de la biodiversité, estime la Cour des comptes européenne dans un rapport cinglant.

Les contraintes environnementales imposées via les aides directes de la Politique agricole commune (PAC) sont particulièrement inefficaces dans la lutte contre le déclin de la biodiversité, affirme le rapport « biodiversité et terres agricoles » de la Cour des comptes européennes. Les auteurs y pointent du doigt des exigences qui ne s’imposent pas à tous les agriculteurs et des amendes peu élevées. « Le verdissement a du potentiel mais la Commission et les Etats membres ont favorisé les instruments ayant le plus faible impact » sur cet objectif, a souligné Viorel Stefan, le responsable du rapport, lors d’un point presse.

Ainsi le choix de la diversification plutôt que de la rotation des cultures, des cultures dérobées (une culture intermédiaire entre deux principales) ou de cultures fixant l’azote, critique la Cour. Les auditeurs notent qu’aucun indicateur n’ayant été décidé, « il s’avère difficile de mesurer les progrès accomplis et la performance des actions financées par l’UE« . Ils jugent également que la Commission a « surestimé la contribution de certaines mesures » en faveur de la biodiversité. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Cet échec de la PAC avait déjà été reconnu par la Commission sur la période du budget 2013-2020. Elle a entrepris d’y remédier dans sa proposition pour la PAC post-2020, présentée il y a deux ans et toujours en négociation au niveau du Parlement européen et des Etats membres. Selon le projet de Bruxelles, la nouvelle PAC prévoit une conditionnalité renforcée des aides directes aux agriculteurs à des critères environnementaux, ainsi que des « programmes écologiques » sur la base du volontariat. La Commission vient également de présenter une nouvelle « Stratégie pour la biodiversité » à l’horizon 2030, dont « certains points répondent aux problèmes que nous avons soulevés« , a noté M. Stefan. Dans leurs recommandations, les auditeurs suggèrent à la Commission de renforcer la « synergie » entre PAC et biodiversité ainsi que le suivi des dépenses, de mieux orienter les paiements directs, de développer des indicateurs fiables ou encore d’accroître la contribution du développement rural, pilier de la PAC plus enclin à protéger la biodiversité, selon la Cour des comptes.

Les ONG ont vivement réagi au rapport de la Cour des comptes. la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) La LPO a demandé dans un communiqué « la suppression progressive des paiements à l’hectare en faveur d’aides directement corrélées à des pratiques agricoles éco-responsables, ainsi que la prise en compte de la condition animale dans l’octroi des subventions destinées à l’élevage. » Pour enrayer le déclin de la biodiversité, incarné par la perte de 30% des oiseaux de campagne durant les 15 dernières années en France, l’association demande également « une augmentation significative du volume financier du deuxième pilier de la PAC consacré au développement rural et à la transition agricole, et reconnu comme étant le plus à même de contribuer à la protection de la biodiversité en accompagnant les agriculteurs dans des programmes agroenvironnementaux contribuant à l’équilibre des écosystèmes. »

Le rapport

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