Une nouvelle réserve naturelle aux Iles Glorieuses (TAAF) (3 mn)

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L’archipel des Glorieuses est l’un des cinq territoires constituant le district des îles Éparses dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), caractérisé par une grande diversité d’habitats côtiers et océaniques qui constituent le support d’une biodiversité importante. Afin de renforcer la protection de cet espace remarquable, une réserve naturelle nationale doit se substituer au Parc naturel marin des Glorieuses et se situer sur le même périmètre.

Le décret est en consultation jusqu’au 1er juin sur le site du ministère de la transition écologique. Il vise à substituer, sur le même périmètre, une réserve naturelle nationale (RNN) à l’actuel Parc naturel marin. En clair, à doter cet écosystème d’un statut de protection plus efficace.

L’archipel des Glorieuses est l’un des cinq territoires constituant le district des îles Éparses, avec l’atoll de Bassa da India et les îles Europa, Juan de Nova et Tromelin. Situées au nord du canal du Mozambique. Elles sont distantes de 253 km du nord-est de Dzaoudzi (Mayotte), 222 km de Nosy-Be et 220 km du Cap d’Ambre (Madagascar). Les eaux sous juridiction française attenantes aux Glorieuses couvrent environ 46 000 km2 pour seulement 4.3 km2 de terres émergées. On distingue trois entités géomorphologiques majeures : l’atoll des Glorieuses, le banc du Geyser au sud-ouest et le banc de la Cordelière au sud-est. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Les Glorieuses sont caractérisées par une grande diversité d’habitats côtiers et océaniques qui constituent le support d’une biodiversité importante et la communauté scientifique s’entend pour dire que l’atoll des Glorieuses, les bancs éloignés et les monts sous-marins possèdent un caractère patrimonial exceptionnel. La richesse spécifique recensée à ce jour s’élève à 2962 espèces dont environ 20% sont inscrites sur les annexes des conventions régionales et internationales et/ou figurent sur la Liste Rouge de l’UICN (plus de 550 espèces).

Le territoire couvre plus de 450 km2 de superficies récifales. Les vastes surfaces de récifs coralliens et d’herbiers jouent un rôle majeur pour le maintien d’une biodiversité importante(plus de 2500 espèces associées à ces milieux, rôle fonctionnel pour l’alimentation, la reproduction, la migration, etc.). Les Glorieuses sont également un site de reproduction privilégié pour les Tortues vertes et imbriquées, les Baleines à bosse et plusieurs espèces d’oiseaux marins. On relève sur la partie terrestre des habitats présentant des niveaux de naturalité élevé, abritant unevingtaine d’espèces endémiques de reptiles, oiseaux, insectes et de plantes terrestre.

Les Glorieuses sont situées au cœur de l’un des 35 « points chauds » de la biodiversité mondiale. En effet, Madagascar et les îles de l’ouest de l’océan Indien sont caractérisées par une très grande richesse naturelle, notamment liée à la présence d’écosystèmes remarquables qui hébergent une très grande diversité d’espèces et fournissent de nombreux services écosystémiques. On estime néanmoins que la région aurait déjà perdu près de 70% de ses espèces. De fortes pressions anthropiques (activités extractives, pollutions, surexploitation halieutique, etc.) impactent très fortement les écosystèmes terrestres et marins de la région.Ces pressions sont accentuées par les effets du changement climatique particulièrement manifestes en milieux insulaires et tropicaux.

L’isolement et le bon état de préservation des Glorieuses et la connectivité forte avec et les autres îles et côtes de la région font de ce territoire un réservoir de biodiversité à l’échelle régionale. Au-delà de la protection d’écosystèmes et d’espèces vulnérables d’importance écologique et patrimoniale majeure, la conservation de la biodiversité des Glorieuses contribue donc à renforcer la résilience des écosystèmes voisins, dans un contexte régional de fortes pressions anthropiques.

Ces conditions font également des Glorieuses un site privilégié pour l’étude de la biodiversité marine et insulaire tropicale et de son évolution face aux effets du changement climatique. Les Glorieuses sont ainsi intégrées dans de multiples programmes nationaux, régionaux et internationaux d’observation de la biodiversité et du climat en qualité de site de référence.

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