La gestion des espèces protégées par la France en Méditerranée « obsolète », selon les scientifiques (2 mn)

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La gestion par la France des espèces protégées de mer Méditerranée est « obsolète, pas sincère, mal organisée et à revoir », dénoncent une cinquantaine de scientifiques européens dans un ouvrage collectif, Méditerranée Mer Vivante.

Accessible sur internet ou en version papier gratuite, la 20e édition de cet ouvrage de vulgarisation, étayé par le travail d’une centaine de photographes et illustrateurs, est particulièrement sévère avec la France. « Seules 0,4% des zones naturelles des eaux territoriales françaises de la Méditerranée sont réellement protégées, autrement dit classées en réserves intégrales avec pêche interdite, et surveillées par des guides assermentés pour prévenir le braconnage, résume le Pr Alexandre Meinesz, coordinateur. Sur les 160 espèces protégées en Méditerranée par des conventions internationales, seules 17 espèces marines présentes dans les eaux françaises sont réellement protégées par la France », dit-il.  [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Un gros problème pour des animaux ou des plantes marines peu connues ou perçues comme moins attachantes que les dauphins ou les tortues, mais victimes de la prédation de collectionneurs, comme par exemple les porcelaines (porcelaine poire, porcelaine livide, porcelaine pure) qui sont de très beaux mollusques. En outre, « l’information des usagers est déplorable car dispersée »,dit-il citant l’exemple du Parc national des Calanques de Marseille qui délimite sa zone protégée en bleu foncé, alors que le Parc national de Port-Cros, utilise une signalétique différente de couleur rouge: « Du n’importe quoi ! ». Pire, quand une zone est protégée, sa gestion administrative est d’une telle complexité, avec sept statuts différents (cantonnement de pêche, concession de pêche, parcs nationaux, réserves naturelles marines, parcs marins régionaux, arrêtés de biotope, sites Natura 2000) qu’elle génère des doublons administratifs et du gaspillage: « Dans les eaux du Parc national de Port Cros, il y a deux comités de pilotage et un conseil d’administration pour la même zone ! »

La Méditerranée abrite 12.500 espèces visibles à l’oeil nu, faune et flore, sans compter un millier d’espèces invasives introduites au cours des dernières décennies, comme le poisson lapin, le poisson ballon et le redouté poisson lion, dont la traque est encouragée ou récompensée dans certains pays. Ces poissons proviennent de mer Rouge, comme le terrible poisson pierre, mortel si on marche dessus. « Le livre est le fruit d’un énorme travail bénévole, différent de celui des ONG très actives pour véhiculer à répétition des messages alarmistes et culpabilisants dans lesquels la défense d’individus sensibles, tortue, dauphin, oiseau, prend le pas sur la défense réelle de la biodiversité », souligne M. Meinesz.

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