Algues vertes : des militants écologistes « enterrent » une plage polluée

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La plage de Grandville a été symboliquement enterrée par l’association « Halte aux marées vertes » pour inciter les pouvoirs publics à mieux gérer les algues vertes.

Un cercueil, une oraison funèbre et une assemblée vêtue de noir: dans une ambiance solennelle, des défenseurs de l’environnement ont symboliquement « enterré » mardi 15 août la plage de la Grandville à Hillion, fermée depuis le 27 juin par arrêté municipal en raison des algues vertes. Dans une odeur nauséabonde d’algues en décomposition, une cinquantaine de personnes ont assisté à cette cérémonie orchestrée par l’association « Halte aux marées vertes », qui a lu puis déposé dans un cercueil (en carton) les écrits d’auteurs et d’anonymes témoignant de la beauté passée du lieu, près de Saint-Brieuc. Selon le co-président de l’association Yves-Marie Le Lay, cette opération « coup de poing » était destinée à « marquer les esprits » alors que les côtes bretonnes ont connu au printemps leurs pires marées vertes depuis longtemps, du fait notamment de conditions climatiques favorables à la prolifération des algues. « Les pouvoirs publics sont dépassés, ils n’ont pas pu ramasser toutes les algues et ont choisi par facilité, et par sécurité, de fermer les plages », regrette le militant écologiste.

Fraîchement échouées, les algues vertes sont inoffensives. Mais, au bout de 48 heures, elles commencent à pourrir et dégagent du sulfure d’hydrogène, un gaz malodorant et très toxique. A l’été 2011, 36 sangliers avaient été retrouvés morts dans l’estuaire du Gouessant, à Hillion, dont les plages font partie de la réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc. « Les algues vertes sont non seulement dangereuses pour les êtres humains et les animaux, mais c’est l’ensemble du milieu naturel qui est touché », souligne Yves-Marie Le Lay. Alors que la principale cause de prolifération établie scientifiquement est la fertilisation des champs, responsable à plus de 90% des flux de nitrates qui enrichissent les cours d’eau puis engraissent les algues vertes, les associations de sauvegarde de l’environnement dénoncent l’impact de l’agriculture intensive et l’échec des politiques publiques destinées à enrayer le phénomène. Un second plan sur cinq ans (2017-2021) de lutte contre les algues vertes (PLAV), d’un montant de 55,5 millions d’euros, a été lancé début juillet en Bretagne.