Quelle idée lumineuse ! Le président du groupe Horizons (le parti d’Edouard Philippe) à l’Assemblée nationale, Laurent Marcangeli, a proposé dimanche d’utiliser l’aide financière publique versée chaque année par l’État à La France insoumise (4 petits millions d’euros) pour rembourser les dégâts matériels des mouvements sociaux de ces dernières semaines. M. le Député estime en effet que le parti de Jean-Luc Mélenchon et ses élus sont « solidaires des casseurs » et constituent la « vitrine légale de l’ultragauche » lors des mobilisations contre la vie chère et des mouvements lycéens. Prudemment, M. Marcangeli s’est abstenu d’indiquer sur quels faits matériels il s’appuie pour étayer son accusation.
Mais le principe est à retenir. Et même à généraliser. Pourquoi se limiter aux casseurs de vitrines et aux pyromanes de poubelles ? Pourquoi les casseurs du vivant seraient-ils exemptés de la même peine ? Là, les coupables sont parfaitement identifiés, et M. Marcangeli en fait partie. Les financements publics et les subventions qui détruisent la biodiversité s’élèvent en France à 20,2 milliards d’euros par an. Ce chiffre est tiré d’un rapport conjoint de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection générale de l’environnement. Parmi les plus gros receleurs de ces financements de destruction massive : les secteurs de l’énergie et de l’agriculture (un peu plus de 8 milliards d’euros chacun). Incontestablement, les parlementaires d’Horizons, du Rassemblement National, des Républicains et quelques autres, qui votent sans barguigner ces dépenses assassines, sont « solidaires des casseurs » et constituent la « vitrine légale » des massacreurs du vivant.
Encore s’agirait-il là d’un châtiment modéré. Dans un souci de parfaite cohérence, on pourrait aussi demander à cette association de malfaiteurs parlementaires de rembourser les dégâts financiers de la perte de biodiversité. On estime à une cinquantaine de milliards d’euros par an la valeur des services écosystémiques, à près de 4 milliards d’euros le service rendu par les insectes pollinisateurs. 42 % de la valeur des titres détenus par les institutions financières françaises proviennent d’émetteurs fortement dépendants des services écosystémiques.
Le jour où M. Marcangeli et ses complices commenceront à rembourser leur dette, le budget de l’État sera sauvé. Et notre santé avec. Du fond du cœur, merci, M. Marcangeli !

