L’ours brun, protégé en Europe mais parfois chassé

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De la Scandinavie aux Abruzzes italiens, en passant par les Carpates, l’Europe compte quelque 18.000 ours bruns, principalement en montagne. Chasse et capture sont bannies ou strictement limitées dans la plupart des pays.

Protégés, ces grands prédateurs figurent sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Une directive européenne de 1992 a favorisé leur multiplication.

– Europe centrale: l’interdiction de la chasse en question –

Les forêts des Carpates sont le royaume des ours. Si la Pologne n’héberge que 110 individus selon WWF, la Roumanie abrite la plus importante population d’Europe (hors Russie), environ 8.000, selon le gouvernement. Cette année les quotas de chasse ont été augmentés et une proposition de loi a été déposée pour le retour d’une « chasse commerciale ». Jusqu’à présent, l’abattage est assuré par des chasseurs assermentés. La chasse sportive, qui attirait des amateurs dans le monde entier, est interdite depuis 2016.  En Slovaquie, la population des ours bruns, qui était tombée à 30 individus dans les années 1920, dépasse dorénavant les 2.700 individus, selon l’agence forestière nationale. L’interdiction de la chasse fait débat depuis l’attaque fatale d’un promeneur en 2021.

– Au Nord de l’Europe, des quotas de chasse –

L’ours brun a failli disparaître au début du siècle dernier en Scandinavie: on le tuait pour sa viande et pour préserver cultures et élevages. Dans les années 1980, mesures de protection et quotas ont permis de rétablir sa population.  La Suède compte aujourd’hui 2.500 ours bruns sauvages. Le braconnage y reste fréquent près des élevages. Un quota de chasse – excepté les femelles avec oursons – a été fixé en 2023 à 649 ours.  En Finlande, où l’ours est l’un des emblèmes nationaux, se trouvent quelque 2.000 spécimens. En Norvège, la population d’ours bruns est estimée à au moins 175 spécimens et un quota de 20 ours chassés a été fixé pour 2023.   En Estonie proche, plus de 900 ours bruns ont été dénombrés et environ 10% peuvent être chassés chaque année.

– Dans les Balkans, une régulation heureuse –

La Slovénie a réussi au siècle dernier à sauver et à voir prospérer sa population de plantigrades, désormais d’un millier d’individus. Atout touristique, l’ours cohabite quasiment sans accroc avec l’homme sur ce petit territoire. Des quotas de « prélèvements » sont fixés chaque année (comprenant captures, morts par accident, abattages contrôlés…).    En Croatie, les ours sont estimés à un millier, principalement dans le massif de la Dinara, et s’aventurent régulièrement près des habitations et des ruches. La chasse d’une centaine est autorisée chaque année.

– France et Espagne: populations fragiles –

Pour éviter leur extinction, un programme de réintroduction d’ours bruns venus de Slovénie est initié dans les Pyrénées dans les années 1990. En 2022, on y décomptait 76 ours, selon l’Office français de la biodiversité (OFB).   Des deux côtés de la frontière, mais surtout en France, sa présence est décriée, parfois combattue par les éleveurs ovins. En 2022, l’OFB a recensé 331 attaques d’ours sur des moutons. En 2020 et 2021, quatre ours ont été illégalement tués: un empoisonné, trois abattus par balles.  L’Espagne abrite aussi quelque 370 ours bruns dans la chaîne des monts cantabriques le long du Golfe de Gascogne. L’animal y a progressivement reconquis son territoire. Mesures environnementales, retombées touristiques et campagnes d’information ont redoré son image. Il arrive qu’il se risque dans les vergers en lisière des villes.   – En Italie, une préservation sous tension –  L’Italie compte environ 200 ours, notamment grâce à des réintroductions d’ours de Slovénie. Ils sont essentiellement dans le Trentin occidental (nord), le Frioul-Vénétie Julienne (nord-est) et le massif des Appenins (centre).   La mort en avril d’un jogger de 26 ans tué par un ours – dont le sort se joue actuellement devant les tribunaux – a engendré un vif débat entre défenseurs des animaux et partisans d’une réduction voire d’une élimination des ours en Italie.  En outre, sept ours ont été retrouvés morts depuis janvier dans le Trentin, dans des circonstances encore indéterminées mais d’origine probablement criminelle, selon les défenseurs des ours.