Par Jean-Philippe Grillet – Cinquante pages, une trentaine de jardins, relevant, pour la plupart, du bassin méditerranéen, et autant d’écrivains répartis sur plus de deux mille ans ! Ainsi Véronique Mure, une fois encore, réjouit son lecteur. Elle lui offre la lecture et le commentaire de textes d’Homère, de Virgile, Pline, la Bible, Cyrano de Bergerac, Dumas, Aragon, Montaigne, Rousseau, Hugo, Musset, Zola, Giono, Gilles Clément, entre autres.
Cet exercice permet de mesurer combien ont évolué la conception des jardins au fil des siècles, La Fontaine exigeant, par exemple :
Quittez-moi votre serpe, instrument de dommage ;
Laissez agir la faux du temps.
Bernard Palissy affirme, lui, je ferai un autant beau jardin qu’il n’en fut jamais sous le ciel, hormis le jardin de Paradis terrestre.
Pour Victor Hugo, Le beau est aussi utile que l’utile, (…) plus peut-être.
Et selon Ferdinand Bac, Il y a de très beaux jardins, des jardins illustres sans une seule fleur. Les fleurs sont un complément tout à fait éphémère, la joie de quelques jours. Le jardin vit, survit aux fleurs. Il existe par sa propre beauté.
Sans doute, Gilles Clément ne démentirait-il pas ces propos, lui pour qui Le jardin est un territoire mental d’espérance.
Grâce à Véronique Mure, une lecture comme une promenade au cœur de la beauté !
Jean-Philippe Grillet
Jardins écrits, textes choisis par Véronique Mure, Atelier BAIE, 2024, 61 pages, 10 €


