Des indicateurs standardisés pour mieux protéger les océans (1 mn 30)

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Une étude a identifié huit variables biologiques des océans dont la standardisation permettra d’obtenir des observations utilisables à l’échelle globale et accessibles à tous.

Les milieux marins, moins étudiés que la biodiversité terrestre, ne disposent pas, comme elle, d’indicateurs standards établis depuis des décennies. Les connaissances scientifiques demeurent parcellaires et n’autorisent pas l’établissement de résultats généralisables. « Les évaluations des populations de poissons, par exemple, sont surtout établies à partir des données de captures de la pêche commerciale, explique l’halieute Yunne Shin. Dépendantes de l’activité de ce secteur et biaisées par le ciblage des prises, ces données ne permettent pas d’établir précisément l’état des stocks, celui des écosystèmes ou l’impact des pêches. » La nécessité d’évaluer l’impact du changement climatique et de la pression anthropique sur la biodiversité marine s’impose pourtant comme un défi majeur du XXIè siècle, et les grands instruments de suivi de la biodiversité mondiale, telle que la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), auront besoin, dans le futur, de données complètes et harmonisées. Pour pallier leur manque, un groupe international d’experts des écosystèmes marins a tenté d’identifier quelques indicateurs biologiques simples à mesurer pour établir et suivre l’état des océans. « Notre but est de faire émerger des données d’observation standardisées, utilisables par tous, comparables dans le temps et dans l’espace, et exploitables à l’échelle globale , explique l’écologue marin Francis Marsac. Les données collectées seront mises à la disposition de l’ensemble de la communauté scientifique. » Aucune nouvelle recherche n’a été entreprise dans le cadre de l’identification de ces variables, les scientifiques s’étant concentrés sur celles déjà mesurées et évoquées dans les grandes conventions internationales. « Nous les avons inventoriées, puis classées en fonction de leur utilité, de leur facilité de mise en œuvre par tous acteurs impliqués dans l’observation et de leur pertinence scientifique ». En sont ressorties huit variables essentielles, s’attachant pour une moitié aux composantes des milieux marins (planctons, poissons…) et pour l’autre à l’extension des habitats et de l’état de santé des écosystèmes (récifs de coraux, mangroves…). « Elles correspondent aux informations de base à observer, précise Yunne Shin. S’agissant des poissons, la recommandation est au minimum d’en surveiller l’abondance et la distribution spatiale. »

Lire l’étude (en anglais)