Phytosanitaires : une plainte des pisseurs, un plan du gouvernement (3 mn)

Photo © Olaf-Speier-Fotolia

1414
⏱ Lecture 3 mn.

Des membres du collectif « Pisseurs et pisseuses involontaires de glyphosate » ont porté plainte suite à des analyses d’urines positives au glyphosate. De son côté, le gouvernement a mis en ligne une plateforme de suivi des agriculteurs engagés à ne plus utiliser l’herbicide et engagé la concertation jusqu’au 10 décembre sur son plan Ecophyto II+, suite à l’échec des deux plans précédents.

Les « Pisseurs et pisseuses involontaires de glyphosate » ont encore frappé : mardi 20 novembre, 22 membres de ce collectif, également affiliés à l’antenne bretonne des « faucheurs volontaires », un mouvement engagé à détruire les parcelles d’essai transgéniques et de cultures d’OGM en plein champ, ont porté plainte contre des fabricants de pesticides à base de glyphosate, des organismes délivrant les autorisations et des laboratoires, après que analyses ont détecté des traces de l’herbicide glyphosate dans leurs urines. Les taux de glyphosates révélés étaient de 0,19 à 3,5 nanogrammes par millilitre, alors que la dose maximale autorisée dans l’eau potable est de 0,1 nanogramme/ml. L’avocat des plaignants a affirmé que 500 autres plaintes seraient bientôt déposées en Bretagne. lien avec la banque de ressources techniques accessible d’ici fin 2018.

Le projet de plan Écophyto II+ matérialise les engagements pris par le gouvernement depuis le début de l’année et tente d’apporter une nouvelle impulsion pour atteindre l’objectif de réduire les usages de produits phytopharmaceutiques de 50% d’ici 2025.

Il a pour objectifs d’accélérer le retrait des substances les plus préoccupantes ; de promouvoir la reconnaissance et la diffusion des produits de biocontrôle et des préparations naturelles peu préoccupantes ; de renforcer la prévention de l’exposition de la population aux pesticides ainsi que de leurs impacts sur l’environnement et la biodiversité, notamment par l’information, la communication et le dialogue entre les différents acteurs, et par la mise en place, le cas échéant, de mesures de protection complémentaires ; de soutenir la recherche et l’innovation en développant les connaissances sur les risques et les impacts des produits phytopharmaceutiques, notamment lors d’exposition répétées à faibles doses et sur les effets cocktail et en confortant la démonstration des performances économiques, environnementales et sociales des systèmes économes en produits phytopharmaceutiques grâce au dispositif  DEPHY ; enfin, d’accompagner les agriculteurs dans la transition en incitant plus largement des groupes d’agriculteurs à s’engager dans la réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, en les accompagnants techniquement et financièrement via les dispositifs d’aides aux investissements, les mesures agro-environnementales et climatiques,… 

Le réseau des fermes DEPHY, qui regroupe près de 3000 exploitations agricoles volontaires pour le déploiement de solutions alternatives aux produits phytopharmaceutiques, constitue un maillon important qui sera conforté en mettant en œuvre la séparation des activités de distribution, d’application et de conseil concernant les produits phytopharmaceutiques afin de renforcer la diffusion des principes de protection intégrée des cultures, en pérennisant le dispositif des certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques, qui était jusqu’à présent en phase d’expérimentation, en mettant à leur disposition un centre de ressources des alternatives à l’usage du glyphosate.

Le plan affiche aussi pour ambitionde rénover la redevance pour pollutions diffuses, afin de la rendre plus incitative et de mobiliser et responsabiliser l’ensemble des acteurs, depuis les agriculteurs jusqu’à la grande distribution.

Les moyens financiers nécessaires seront mobilisés pour mettre en œuvre, notamment via des appels à projets, ces actions : 71 millions d’euros sont ainsi consacrés chaque année au plan Ecophyto, grâce au prélèvement d’une redevance sur les ventes de produits phytopharmaceutiques.

Parallèlement, l’Etat, dans le cadre de son plan de sortie du glyphosate, a mis en ligne une plateforme de suivi des agriculteurs français engagés à rompre avec l’utilisation de l’herbicide d’ici le 31 décembre 2020. Le site Internet propose aux agriculteurs de partager leurs bonnes pratiques, les alternatives mises en place, et à déclarer leurs parcelles sans glyphosate. Celles-ci apparaîtront sur une carte de France, et des compteurs permettront de suivre en temps réel la dynamique des agriculteurs : au moment du bouclage de cette Lettre, le compteur affichait 000 009 agriculteurs ayant signalé être « déjà sortis » de l’utilisation du glyphosate, et 000 004 autres, « engagés » à le faire. La « dynamique » est enclenchée… 

La plateforme

Lire le plan et participer à la consultation (jusqu’au 10 décembre)