Déradicalisation

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Ça les reprend… Les serial (cost) killers du Sénat ont renoué avec leur fixette : démanteler les agences de l’État, avec bizarrement une préférence pour celles qui ont pour mission de préserver nos conditions de vie. Leur argument : « renforcer l’action publique », et au passage économiser quelques précieux deniers publics. Pour cela, ils veulent liquider ces agences et confier leurs missions aux services déconcentrés de l’État (en clair : aux Préfets).

Parmi leurs cibles, entre autres, le Conservatoire du littoral. Créé en 1975 par le gouvernement de Jacques Chirac, il a pour mission d’acquérir des terrains en bord de mer pour les soustraire à la frénésie spéculative et à l’artificialisation débridée, et les rendre accessibles à tout le monde. Acquérir pour protéger. A ce jour, le Conservatoire contrôle 18 % du linéaire côtier, soit 222 000 ha répartis sur 843 sites. Budget annuel : une petite soixantaine de millions d’euros. C’est moins de 5 % du montant que le gouvernement a trouvé au début de ce mois, sous le pas d’un cheval de labour, pour son « plan d’urgence agricole ». Bref, si économie il y a, elle est dérisoire.

Simultanément, l’État vient d’adopter sa stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC) 2030, qui fixe le cadre pour faire face au recul d’environ 20 % de ses côtes en raison du changement climatique. Parmi les axes principaux de cette stratégie : approfondir et partager la connaissance ; soutenir l’adaptation des aménagements et des activités ; préserver et restaurer les écosystèmes naturels ; gouvernance et financement partagés entre l’État et les collectivités. C’est tout ce que fait parfaitement, depuis 50 ans, le Conservatoire du littoral…

Au-delà de la maîtrise foncière, le savoir-faire précieux du Conservatoire c’est sa capacité à négocier. Parlementer avec les propriétaires pour acquérir, le plus souvent de gré à gré, les terrains qui deviendront la propriété inaliénable… de tout le monde. Discuter avec les maires, les chasseurs, les agriculteurs, les sportifs, les touristes, pour que ce patrimoine commun bénéficie réellement à tous. Vous avez déjà négocié avec une Préfecture, vous ?

Au moment de partir au combat contre les catastrophes climatiques, l’État démantèle son arsenal et s’ampute des deux bras. S’il y avait un budget, un seul,  à adopter d’urgence, ce serait le financement d’une nouvelle agence de l’État : l’ANDFS. Agence nationale pour la déradicalisation des forcenés du Sénat.