Ecophyto : 600 millions d’euros, et un échec cuisant (1 mn 30)

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Moins 50 % de pesticides en 10 ans : tel était l’objectif du plan Ecophyto, adopté en 2008. Résultat : plus 25 %. Coût : 700 millions d’euros.

Entre 2008 et 2018, les doses de pesticides utilisées en agriculture n’ont pas été réduite mais ont bel et bien augmenté de… 25 %. Devant ce fiasco, le ministère de l’agriculture préfère afficher sur son site les résultats encourageants enregistrés par le réseau des 3000 fermes expérimentales « Déphy » : – 48 % pour l’horticulture, – 25 % pour les cultures légumières, -25 % pour l’arboriculture, et même – 17 % pour la viticulture, réputée forte utilisatrice de pesticides. Ces résultats montrent pourtant que le recours aux produits phytosanitaires n’a rien d’une fatalité !

Dans un communiqué, l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), le lobby des chimistes producteurs de pesticides, ne reconnaît qu’une augmentation de 8 %. Explication : l’UIPP se fonde sur les volumes de produits vendus, alors que l’évaluation du plan Ecophyto est basée sur le nombre de doses de pesticides, appelé NODU, et non les volumes, ce qui permet de mieux prendre en compte les nouveaux produits plus concentrés développés par les fabricants.

« Le gouvernement ne semble pas assumer l’échec du plan de réduction de l’usage des pesticides et continue sur la mauvaise pente, réagit Claudine Joly, en charge des questions pesticides à France Nature Environnement. Ces faits et cette hausse alarmante de la consommation de pesticides questionnent sur le poids des lobbys dans notre pays. Plus de 600 millions d’euros d’argent public ont été investis sur 10 ans pour réduire la consommation de pesticides en France dans le cadre d’Ecophyto ! Il est plus que temps de tirer le bilan des blocages structurels dans le monde agricole et d’aller vers des solutions de soutien plus affirmées à la transition agroécologique et à l’agriculture biologique ».