Exposition 2100 odyssée de l’estuaire

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A quoi ressemblera l’estuaire de l’Orne en 2100 dans un contexte de réchauffement climatique ? « 2100 Odyssée de l’estuaire » est une exposition parodique installée à la Maison de la Nature et de l’Estuaire à Sallenelles jusqu’au 15 décembre.

Cette exposition a pour volonté d’illustrer les conséquences de l’élévation des températures et du niveau marin, non pas à l’autre bout du monde, mais chez les normands, entre Caen et la mer. Elle s’intègre dans le projet « Adpato », initié par le Conservatoire du littoral, qui explore et teste sur 10 sites pilotes en France, dont l’estuaire de l’Orne, des solutions fondées sur la nature pour s’adapter au changement climatique.

La construction du canal et l’endiguement de l’Orne ont conduit à la disparition du schorre (végétation de prés salés), au profit de prairies humides pâturées. En 2011, la digue où circulent les cyclistes entre le Pegasus Bridge et la Maison de la Nature a cédé entrainant une inondation de ces zones basses, gagnées sur la mer (le marais de Cagny).

Lors des grandes marées, la mer dépasse occasionnellement le sommet de cette digue obligeant à fermer périodiquement la piste cyclable aménagée sur la crête de l’ouvrage. Il convient de réfléchir à son devenir et plus largement aux terrains situés en arrière, appartenant essentiellement au Conservatoire du littoral, établissement public ayant pour mission de protéger les espaces naturels en bord de mer.

Exposition 2100 odyssée de l’estuaire
Jusqu’au 15 déc. 2020 à la Maison de la Nature et de l’Estuaire – Boulevard Maritime – 14121 Sallenelles

Avec le réchauffement climatique, le niveau de la mer va monter. Le maintien en l’état de ces polders n’est pas l’unique façon d’appréhender l’avenir de ce territoire. Il faut dès maintenant prévoir des solutions pour conserver les qualités des espaces naturels maritimes le long du fleuve depuis Caen jusqu’à la mer.

Le Conservatoire du littoral a ainsi fait appel au CPIE Vallée de l’Orne pour sensibiliser le public sur ces sujets et concevoir cette exposition : sept triptyques présentent ce que pourrait être l’estuaire de l’Orne en 2100, pour aborder une série de problématiques liées au changement climatique : hausse du niveau marin, changements de faune et de flore, évolution de pratiques touristiques et agricoles, recomposition spatiale…

L’humour permet souvent d’aller plus loin, pour mieux saisir les défis qui seront à relever dans les années à venir. Graphiquement l’exposition revisite donc les codes de la presse people dans un esprit autant décalé que surprenant. Si les situations mises en scène dans cette exposition peuvent sembler exagérées, elles sont toutes basées sur des éléments véridiques.

Ainsi, renouer avec un estuaire plus vaste peut être l’occasion d’aménager des zones d’expansion de crue maritime plus favorables à la biodiversité, d’offrir de nouvelles ambiances de promenades, de déplacer la piste cyclable longeant le marais de Cagny pour la rendre accessible quels que soient les coefficients de marée et d’accompagner les pratiques agricoles à se préparer à la salinisation des sols.

Le magazine en lien avec l’exposition